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Les Indispensables 2021

Les Indipensables 2021


En attendant les nouveautés de 2022, découvrez ou réécoutez la sélection de l’équipe du pôle musique des meilleurs albums de 2021.

WORLD MUSIC


4 Mars
Super Somali sounds from the Gulf of Tadjoura
[Ostinato]
013.2 QUA

En 2019, après des négociations de plusieurs années, Ostinato est devenu le premier label à avoir accès aux grandes Archives de Radiodiffusion-Télévision de Djibouti (RTD), un trésor rempli de secrets et d’histoires d’Afrique de l’Est. La première sortie de la série Djibouti Archives est une anthologie fondamentale de 4 Mars, un groupe somalien de 40 membres derrière le morceau le plus écouté et téléchargé de la compilation ’’Sweet As Broken Dates’’ nominée aux Grammy Awards. Synthés turcs, reggae jamaïcain, cuivres américains, voix de Bollywood, rythmes égyptiens et yéménites, flûtes chinoises et mongoles se retrouvent tous dans ce petit coin de l’Afrique de l’Est qui a été pendant des siècles le centre commercial le plus dynamique du monde, le point médian reliant l’Afrique, l’Asie, et la Méditerranée. La musique somalienne dans toute sa splendeur.



Toumani Diabaté and The London Symphony Orchestra
Kôrôlen
[World Circuit]
017.2 DIA

Toumani Diabaté propose un album défiant les genres. Ce disque est la rencontre inédite entre deux titans de la musique, le virtuose malien de la Kora Toumani Diabaté et l’Orchestre Symphonique de Londres, mondialement connu pour ses interprétations de musique orchestrale sur disque, au cinéma et sur scène. "Kôrôlén" est le mot mandingue qui signifie "ancestral", un thème approprié pour un album qui réunit des mélodies de griots anciens et des arrangements orchestraux occidentaux. Le résultat : un son afro-néoclassique beau et frais qui plaira aux fans de musique ouest-africaine, classique et d’ambiance.



Les Filles De IllighadadOrchestra
At pioneer works
[Sahel Sounds]
018.2 FIL

Comme leur nom l’indique, ces artistes viennent du village d’Illighadad, se trouvant dans le Sahara, à l’ouest du Niger. Il s’agit de trois jeunes femmes, Fatou Seidi Ghali, Alamnou Akrouni ainsi que Mariama Salah, accompagnée par le cousin de Fatou et guitariste Ahmoudou Madassane, jouant également auprès de Mdou Moctar. Enregistré à Brooklyn à la fin d’une tournée mondiale de deux ans, ’’At pioneer xorks’’ présente Les Filles au sommet de leurs capacités, créant un son qui transcende tous les genres connus entre instruments traditionnels et guitare électrique, un blues touareg mystique.



Mdou Moctar
Afrique victime
[Matador Records]
018.2 MOC

Le guitariste prodige Nigérien sort cet album chez Matador. Influencé par les mélodies touaregs traditionnelles comme par le rock tumultueux, ce surdoué et son groupe repensent la musique contemporaine du Sahara autour des thèmes de l’amour, de la religion, des droits des femmes, des inégalités et des effets de l’exploitation coloniale sur les pays d’Afrique de l’Ouest. ’’Afrique Victime’’ est une détonation rock comme il s’en fait trop peu. Un disque infatigable qui marque un tournant majeur dans la carrière de ce grand musicien.



Meridian Brothers & Conjunto Media Luna
Paz en la Tierra
[Bongo Joe]
046.2 MER

Avec ’’Paz en La Tierra’’, les Meridian Brothers et le Conjunto Media Luna ont eu pour mission de rechercher l’essence de la musique colombienne des Caraïbes et sa formation traditionnelle : accordéon, guacharaca, caja, congas, basse électrique et voix. En partant de cette idée et en travaillant la musique d’un documentaire sur le célèbre chanteur Diomedes Diaz, Ivan Medellin (accordéoniste du Conjunto Media Luna) et Eblis Alvarez des Meridian Brothers, se sont lancés dans un nouveau projet en construisant un son basé exclusivement autour du combo colombien traditionnel et en travaillant à l’extrême les mélodies d’accordéon présentes dans l’imaginaire musical colombien.



FRANÇAIS



Juliette Armanet
Brûler le feu
[Romance Musique]
099 ARM

Juliette Armanet présente son nouvel album ’Brûler le feu’, un opus solaire, émouvant et dansant pour lequel elle a choisi de s’entourer des meilleurs producteurs tel que SebastiAn (Daft Punk, Frank Ocean, Charlotte Gainsbourg), Julien Delfaud (Superdiscount, Phoenix, Sébastien Tellier), Yuksek (Lykke Li, Brodinsky), Victor Le Masne (Gaspard Augé, Kavinsky) et Marlon B.



H-Burns
Burns on the wire
[M2L Music]
099 HBU

Cinq ans après la disparition du poète canadien, le Français H-Burns rend un hommage à la fois personnel et collectif à Leonard Cohen, accompagné par les cordes et les voix du Stranger Quartet et des invités dont les noms sonnent comme des évidences : Pomme, Lou Doillon, Kevin Morby et le vieux complice Bertrand Belin. Une histoire de tradition orale et de transmission, au coeur de l’idée même du folk.



L’Impératrice
Tako tsubo
[Microqlima Record]
099.2 IMP

’’Tako tsubo’’ : le "syndrome des coeurs brisés" se manifeste par une déformation du coeur dû à un trop-plein d’émotion, qu’elle soit une intense tristesse ou une joie sidérante. Ce 2ème album de L’Impératrice est un disque de rupture, comme un coeur qui bat très fort mais d’une pulsation discontinue. Une ode en 13 titres à l’amour ambivalent, aux doutes, euphories, chagrins, succès et folie : autant de symptômes qui, réunis, désignent le syndrome de ’’Tako tsubo’’.



Clara Luciani
Coeur
[Romance Musique]
099 LUC

Rien n’aurait été plus ennuyeux qu’une redite de ’’Sainte-Victoire’’, premier album qui révéla, en 2018, la voix grave de Clara Luciani. Un disque consacré par une Victoire de la musique et un succès qui transforma la jeune chanteuse en artiste à part entière. Clara Luciani nous revient en dansant. Annoncé comme un rayon de soleil après l’interminable brouillard de l’année passée, ’’Cœur’’ délaisse les ambiances 80 pour les matières soyeuses de la soul, les ondulations du son de Philadelphie, qui marquèrent les années 70. Seule à la manœuvre pour ses textes, mais toujours accompagnée de Sage à la composition et aux arrangements, Clara Luciani y adopte un timbre plus léger, en apparence.



Olivier Rocabois
Goes too far
[Microcultures]
099 ROC

Chanteur-auteur-compositeur breton, il présente ici son premier LP solo après une décennie passée au sein du projet All If, le groupe dont il fut le despote éclairé. Cet album est l’histoire d’une vie en neuf chansons dont les thèmes se développent autour de la classique triangulaire amour-sexe-mort. D’autres sujets moins attendus (la sorcellerie, l’ennui provincial vécu comme une bénédiction, la coquetterie en médecine légale) sont aussi abordés. Volontiers autobiographiques, ces chansons parfois sans refrain regorgent de mythes et légendes suburbains (affabulations optionnelles). Les orchestrations sont fastueuses, les timbres polychromes. Il s’agit ici de restaurer le pouvoir suprême de la mélodie.



POP / ROCK



Field Music
Flat white moon
[Memphis Industries]
2 FIE

Dans un style assez différent de leur précédent album paru en 2020, le duo Field Music signe avec ’’Flat White Moon’’ l’un des des meilleurs albums de pop (sophistiquée) pour cette année 2021. On y entendra des chansons pop héritées autant des Sparks que XTC et de ces groupes anglais du tout début des années 80 qui soignaient autant le forme que le fond. Un véritable sans-faute que cet album à la fois très ambitieux et très immédiat où chaque titre a sa propre identité avec également un grande diversité dans les arrangements.



Iosonouncane
Ira
[Trovarobato]
2 IOS

Ne cherchez plus, le disque de l’année 2021 sera italien, il est signé par un certain Jacopo Incani alias Iosonouncane. ’’Ira’’ est une œuvre monolithique de presque deux heures absolument inclassable passant de la Noise à la musique concrète, de l’ambient au trip-hop, attention chef d’œuvre ! Ne refusant pas un certain hermétisme ni une complexité certaine, “un élitisme” diraient certains, ce disque majeurs est des plus ombrageux, presque intimidant. Télescopage possible entre Third Eye Foundation et Animal Collective, entre Battles et Swans, entre Gianmaria Testa et Coil, ’’Ira’’ tisse sa toile claustro phobique autour de nous, nous enserre dans un coton fait d’épines. Conceptuel de bout en bout, Jacopo Incani sait où il souhaite nous mener, nous par contre marchons à l’aveuglette sans aide ni soutien de sa part.



Shannon Lay
Geist
[Sub Pop Records]
2 LAY

Le quatrième album de la Californienne explore un peu plus la psyché d’une œuvre habitée par des forces mémorielles, cristallisées dans une voix qui n’a jamais sonné aussi juste. Avec ce ’’Geist’’, l’ex-guitariste de Feels exorcise ses démons intérieures afin de vivre en paix et de gagner en confiance et en maturité, comme une fenêtre – ou un miroir – sur les possibilités de soi et au-delà. Ce nouvel album est d’une tendre intensité, sans lieu et éthéré.



Lael Neale
Acquainted with nig
[Sub Pop Records]
2 NEA

Placé sous le signe de la poésie et du dépouillement, le nouvel album de Lael Neale a la particularité d’avoir été enregistré sur un vieux magnétophone des années 80 avec comme seul instrument de musique (ou presque) un Omnichord, en compagnie de Guy Blakeslee qui a accompagné l’artiste dans l’enregistrent de l’album. Il ressort de cette production étrange et singulière aux tonalités Folk intimistes, aux mélodies superbes, des chansons lentes et mélancoliques sur lesquelles l’aspect volontairement austère et le son lo-fi de la production opèrent comme un filtre vieillissant. Un disque atypique, assez touchant par moment, et nous laisse en tout cas curieux de savoir vers quoi va aller ensuite Lael Neal.



Vanishing Twin
Ookii gekkou
[Fire Records]
2 VAS

Vanishing Twin poursuit l’exploration d’un cosmo-jazz expérimental tout au long de son troisième album, le très inspirant ’’Ooki Gekkou’’. Le désormais quatuor, même si le flûtiste Elliott Arndt est encore crédité sur quelques titres, marque d’une empreinte rétro-futuriste, voire concrète, un son toujours marqué par ce groove fantomatique à la métrique imparable. ’’Okki Gekkou’’ (clair de lune, en japonais) est un album homogène aux modulations ronronnantes, dans lequel les échantillonnages de bruits en tous genres viennent pétiller autour de la voix de Cathy Lucas. Tous les grooves de la terre y convergent, caribéens, new-yorkais, africains ou indiens, et transforment l’expérience en voyage délicieusement engourdissant et confortable. Une sorte de voyage intersidéral en Orient-Express.



RÉVÉLATIONS


Black Country, New Road
For the first time
[Ninja Tune Records]
2 BLA

Dans les pas de Squid ou black midi, passés eux aussi par l’écurie Speedy Wunderground avant de devenir les nouvelles coqueluches incontestées du rock anglais, Black Country, New Road s’affranchit des règles pour concevoir une musique explosive, qui repose en grande partie sur la technicité et le bagage musical de chacun de ses membres. Cet impressionnant premier album est le fruit de recherches musicales audacieuses et captivantes.



Dry Cleaning
New long leg
[4AD]
2 DRY

Après quelques simples prometteurs et deux EP parus en 2019, le quatuor londonien Dry Cleaning nous propose son premier album : ’’New Long Leg’’. Menée par la poétesse Florence Shaw, la formation est complétée par Lewis Maynard, Tom Dowse et Nick Buxton. C’est l’alliage entre l’interprétation flegmatique de Shaw et le jeu de guitare inventif de Tom Dowse qui confère à Dry Cleaning un charme indicible. Ceux qui ont un faible pour des formations comme Wire, Magazine, Sonic Youth et Joy Divison embarqueront de plain-pied dans l’univers du groupe.



Anna B Savage
A common turn
[City Slang]
2 SAV

L’auteur-compositeur-interprète londonienne dévoile un premier album sans pudeur, poétique et féministe. Une claque pop folk qui évoque aussi bien le plaisir solitaire que les questionnements intérieurs d’une femme du 21ème siècle. ’’A Common Turn’’ s’avère autobiographique tant on plonge dans le psyché d’Anna B Savage directement où l’on fait face à ses tourments, ses regrets et sa vulnérabilité face à ses relations amoureuses du passé. Et cela donne une tempête musicale émotionnelle qui survit à travers des titres intenses et électriques où sa voix suffit pour que la magie opère.La londonienne réussit le tour de force d’un premier album sans concession, sans fausse note, et se place comme une artiste avec laquelle il faudra compter.



Arlo Parks
Collapsed in sunbeams
[Transgressive Records]
185 PAR

Adoubée de façon unanime par la presse internationale, la poétesse londonienne Arlo Parks est la révélation de l’année 2020. La chanteuse n’a fait que gravir les échelons depuis la sortie de son premier single ’’Cola’’ en 2018. Ce premier album est une série de vignettes abordant des thèmes intimes de façon poétique et mélancolique qui ont marqué l’adolescence de la jeune chanteuse. Véritable porte-parole de la génération Z, sa voix douce et rêveuse se pose sur des instrus lo-fi oniriques et des productions teintées de jazz et d’influences R&B.



JAZZ


Airelle Besson
Try !
[Papillon Jaune]
1 BES

En 2015, nous découvrions avec l’album ’’Radio one’’, le quartet réuni par Airelle Besson. L’accueil de la presse et du public est unanime. L’alchimie et la complicité entre ces 4 musiciens explosent sur scène. L’idée d’un deuxième album devient une évidence. Il se devait d’être un prolongement naturel du premier avec la même démarche de recherche et de quête de son. La création collégiale initialement prévue par Airelle Besson, a cependant dû, comme bien des choses en 2020, se réinventer. Et c’est finalement d’une poignée de journées de répétitions suivie de l’enregistrement au studio La Buissonne en août 2020 que ’’Try !’’ est né. Le résultat est à l’image du processus : ouvert, spontané, intensément présent. Ce disque dessine des volutes entre ombre et lumière, chaud et froid, invite à un voyage aérien et sensuel. Organique et vivant, cet album envoûtant vous accompagnera longtemps.



Angelini Bruno
Transatlantic roots
[Vision Fugitive]
1 ANG

Le langage musical de Bruno Angelini est éclairé par la tradition musicale occidentale. Une recherche sonore exigeante qu’il poursuit sur son instrument, le piano, qu’il augmente avec des effets électroniques et des claviers additionnels. Ce disque est un hommage aux figures de la contre-culture américaine, il vise à approfondir, exacerber, la tension entre la culture afro-américaine et la culture européenne, mais aussi à articuler et révéler leurs points communs. Avec leurs expériences personnelles et leurs propres références, la trompette de Fabrice Martinez et les fûts d’Eric Echampard se prêtent à la vision de Bruno Angelini. Ensemble, ils explorent pour nous cette culture transatlantique.



Floating Points
Promises
[Luaka Bop]
1 FLO

Sam Shepherd, chercheur en neuroscience de métier, propose avec son projet Floating Points régulièrement des disques passionnants, au confluent du jazz et de la musique électronique. Cette fois, le voilà associé au mythique saxophoniste de jazz Pharoah Sanders (compagnon de route de John Coltrane et de Don Cherry notamment) pour album ambient jazz, une longue dérive dans l’espace, un instant de grâce qui nous prend aux tripes et nous projette dans l’immensité de l’univers. ’’Promises’’ un disque aux ambiance nocturnes, qui laisse pas mal de place aux silences, dans lequel le saxophone se mêle aux notes de piano, aux sonorités électroniques et aux cordes. Objet musical intense et ovni surgi de nulle part, à la croisée du classique et du jazz, de la musique contemporaine et de l’émotion pure.



Emma-Jean Thackray
Yellow
[Movementt]
1 THA

La scène jazz britannique continue de monter en puissance au fil des années. Au fil de ses 49 minutes, ’’Yellow’’ trace des lignes lumineuses entre le jazz fusion des années 70 et le P-Funk, entre les invocations cosmiques de Sun Ra ou d’Alice Coltrane. Emma-Jean Thackray impressionne d’emblée avec son premier disque immersif et cosmique.



Robert Finley
Sharecropper’s son
[Easy Eye Sound]
110 FIN

Robert Finley a été toute sa vie un artiste et un chanteur sensationnel. Mais ce n’est que lorsqu’il a perdu la vue que, après six décennies de dur labeur, il est devenu une sensation du jour au lendemain. Dan Auerbach, producteur et leader des Black Keys, s’extasie : "C’est un vieux guitariste de blues, mais une fois qu’il a rangé sa guitare, vous pouvez le mettre devant un orchestre et il chante aussi bien que Ray Charles ? et dès la première prise. ’’Sharecropper’s Son’’ comprend des chansons écrites par Robert Finley et son producteur Dan Auerbach. Le backing band est composé de vétérans du blues et de légendes de studio.



SOUL / R’n’B / HIP-HOP


Curtis Harding
If words were flowers
[Anti-]
180 HAR

Avec son troisième album, Curtis Harding confirme tous les espoirs que l’on pouvait fonder sur lui après le réjouissant ’’Face Your Fear’’ parut en 2018. Et de fait, ce ’’If Words Were Flowers’’ se révèle être une source de lumières et de chaleurs bien agréable. On y retrouve ses racines Soul, qu’il agrège avec bonheur avec des tonalités Blues, Gospel, Psychédéliques, R&B et Rock.



Xenia Rubinos
Una Rosa
[Anti-]
185 RUB

Xenia Rubinos, est une artiste new-yorkaise qui a été vénérée pour sa voix innovante et son don pour la mélodie semblable à un labyrinthe. "Una Rosa" est le troisième album de Rubinos, son deuxième sur Anti- Records, après son Black Terry Cat (2016), acclamé par la critique. Xenia Rubinos plonge dans et hors du genre et de la structure pour créer des chansons puissantes et émouvantes. Ses voix puissantes proviennent d’une combinaison d’influences R&B, Hip-Hop et Jazz, le tout délivré avec une aura soulful punk. Pitchfork a qualifié la chanteuse radieuse de "nouvelle personnalité pop unique", tandis que le New Yorker a décrit son travail comme "une musique rythmiquement féroce et vocalement généreuse qui se faufile entre les mailles du filet de tout genre connu".



Little Simz
Sometimes I might be introvert
[Awal Recordings]
291 LIT

La rappeuse anglaise présente son quatrième album studio, Sometimes I might be introvert, faisant suite à Grey area sorti en 2019. Comme à son habitude, c’est avec puissance et engagement que Little Simz, de son vrai nom Simbi Ajikawo, refait parler d’elle. Rappant à cœur ouvert, issue du milieu du rap expérimental avant de devenir la protégée de Kendrick Lamar, l’artiste livre son œuvre la plus intime à ce jour, abordant avec sincérité des thèmes comme les oppressions, les identités, la couleur de peau et le féminisme.



ÉLECTRO / MUSIQUES EXPERIMENTALES


Leon Vynehall
Rare, forever
[Ninja Tune Records]
294 VYN

Très respecté pour sa production musicale, il s’est imposé comme un artiste authentique, capable de créer des oeuvres empreintes à la fois de musicalité et de savoir-faire. Sur ’’Rare, forever’’, il réalise un tour d’honneur. L’album est un beau mariage de tout ce qu’il a fait jusqu’à présent tout en restant véritablement progressif, le résultat final sonnant comme ’’Nothing is still’’ mais avec le récit atténué et le côté dancefloor accentué. Cet album semblera familier aux fans du mix DJ Kicks de Vynehall ou de ces incursions éclectiques sur la webradio NTS, tout en sonnant complétement différemment de ce qu’il a pu faire auparavant.



Masayoshi Fujita
Bird ambience
[Erased Tapes Records]
450 FUJ

Ce disque apporte plusieurs nouveaux changements à l’artiste. Jusqu’à présent, Fujita séparait ses enregistrements acoustiques en solo, le dub électronique réalisé sous son alias El Fog, et ses improvisations expérimentales avec des contemporains comme Jan Jelinek. Toutes ces différentes facettes sont réunies pour la première fois en une seule vision singulière. Il fait également un saut latéral de son instrument signature, le vibraphone au marimba qui occupe le devant de la scène sur cet album aux côtés de batterie, percussions, synthés, effets et magnétophone. Arrangé avec un équilibre parfait, le rythme tranquille de ’’Bird ambience’’ permet à chaque son et à chaque phrase d’être absorbé et savouré en pleine conscience. Cette oeuvre subtile mais affective porte des restes éthérés du minimalisme de Midori Takada, les atmosphères statiques de Mika Vainio, les matières organiques de To Rococo Rot et l’électronique bucolique de Minotaur Shock.



Mecanica Clasica
Mar interior
[Abstrakce Records]
450 MEC

Electronica, ambient et musique minimaliste sont les mots d’ordre de cet album du groupe expérimental électronique valencien. Masterisé par Colin Potter de Nurse With Wound, Mar interior rumine les anciennes civilisations qui ont peuplé la région autour de la Méditerranée, construisant des mondes sonores psychogéographiques à travers une musique qui rappelle les pionniers du genre comme Cluster, Jon Hassell et Brian Eno.



MUSIQUE CLASSIQUE



Louise Farrenc
Symphonies 1 & 3
[Parlophone Records]
3 FAR 24

A la tête de l’Insula Orchestra, formation jouant sur instruments d’époque, Laurence Equilbey met à l’honneur Louise Farrenc, compositrice qui, dans le Paris musical du XIXe siècle, fut une figure majeure de la période romantique, à la pointe de l’innovation. Cet album présente deux de ses trois symphonies : la 1ère en ut mineur et la 3e en sol mineur, respectivement créées en 1845 et 1849. Un enregistrement majeur pour notre patrimoine musical.



Heinrich Albert
Heinrich Albert’s pumpkin hut
[Ramée]
399 MIE

Grâce à sa situation géographique, Königsberg, en Prusse-Orientale (aujourd’hui Kaliningrad en Russie), fut l’un des rares havres de paix durant la guerre de Trente Ans. De nombreuses personnes, dont des artistes et des musiciens, s’y installèrent pour fuir les horreurs de la guerre et de la peste. Heinrich Albert, élève de son cousin Schütz et de Schein, cantor de Saint- Thomas, y fut engagé comme organiste de la cathédrale en 1630. Cinq tableaux musicaux dépeignent les différentes phases de la guerre et mènent l’auditeur à vivre de nombreuses émotions et à ressentir ce qui pouvait alors toucher les gens dans leur vie quotidienne : l’aspiration à la paix, la peur, l’espoir - mais aussi le désespoir et la colère contre Dieu face aux dévastations de la guerre.



Arvo Pärt
Lamentate
[Accentus Music]
4 PAR 20

Les compositions d’Arvo Pärt sont inspirées par des évènements extérieurs, comme le prouve la sélection d’oeuvres pour et avec piano qu’Onuté Grazinyté a choisies pour son premier enregistrement. Lamentate a été inspiré par la sculpture Marsyas réalisée par Anish Kapoor. Für Alina revêt une importance particulière pour la pianiste lituanienne car elle connaît la mère du dédicataire de la pièce. Selon elle : "Arvo Pärt atteint le coeur. C’est l’idéal avec lequel les enfants naissent, et auquel le compositeur est revenu."



RÉÉDITIONS / COMPILATIONS



Baligh Hamdi
Instrumental modal pop of 1970’s Egypt
[Sublime Frequencies]
022.2 HAN

Baligh Hamdi est l’un des compositeurs arabes les plus importants du 20ème siècle, il a écrit pour les légendes comme Umm Kalthum, Abdel Halim Hafez, Sabah,Warda et bien d’autres. Sur cette compilation on retrouve son groupe légendaire le Diamond Orchestra avec Omar Khorshid à la guitare, Magdi al-Husseini à l’orgue, Samir Sourour au saxophone et Faruq Salamaà l’accordéon. Tous ces musiciens ont été découverts et recrutés par Hamdi pour interpréter sa vision d’une musique arabe modernisée et hybride. Sous la direction de Hamdi, cet orchestre a tracé une nouvelle direction mélodique et a créé un nouveau langage musical. Cette compilation est tirée d’une époque spécifique de la longue carrière de Hamdi, une décennie où il a pleinement réalisé une musique internationale qui incorporait du jazz teinté de rythme oriental, des morceaux qui présentent des solos de guitare brûlants de nul autre que Omar Khorshid, et une sélection de morceaux indo-arabes animés par des sitars établissant une rencontre entre l’exotisme psychédélique du Moyen-Orient et de l’Est, et une vision qui a créé certaines des musiques les plus branchées du Moyen-Orient de la fin des années 1960 et tout au long des années 1970.



The Poets of Rhythm
Discern / Define
[Daptone Records]
180 POE

Pour célébrer le 20e anniversaire de l’album, Daptone Records est heureux de présenter la première réédition vinyle du chef-d’œuvre galactique et funky. Pionnier de la scène funk moderne alors bourgeonnante des années 90, The Poets of Rhythm a créé de nouveaux standards, transcendant les paramètres avec lesquels d’autres groupes se limitaient. Avec ’’ Discern / Define’’, ils ont fait passer leur funk au niveau supérieur en mélangeant des éléments de rock, de psyché, d’afro-beat, de jazz et des batteries très, très puissantes pour créer un son tout à fait original.



Compilation
Cafe exil : new adventures in european music 1972-1980
[Ace Records]
2 A. CAF

Lorsque David Bowie et Iggy Pop ont déménagé de Los Angeles en Europe continentale, prenant des trains pour Berlin, Paris et Varsovie, ils auraient découvert une nouvelle musique très différente de la scène disco en plein essor qu’ils avaient laissée derrière eux. ’’Cafe Exil’’, du nom de l’un des lieux préférés de Bowie à Berlin, imagine la bande originale qui aurait inspiré ’’Low’’, ’’Heroes’’ et ’’Lodger’’. C’est un mélange impressionnant d’électronica, de Krautrock et de friandises expérimentales. Il y a des morceaux clés des membres de Can et Tangerine Dream, des "obscurités fascinantes" du groupe allemand Streetmark et du compositeur italien Piero Umiliani, de la bande originale d’Herzog avec Popul Vuh et de l’avant-étrangeté hautement collectionnable d’Annette Peacock. Le magnifique groove léger et atmosphérique de Jan Hammer, né en République tchèque, fait partie d’une myriade de surprises. ’’Cafe Exil’’ a été réalisé par Bob Stanley et Jason Wood de Saint-Etienne, auteur de plusieurs livres sur le cinéma et programmateur chez Home à Manchester. Il s’intègre dans d’autres compilations récentes d’Ace telles que ’’English Weather’’ et ’’76 In The Shade’’.



Compilation
Eins und zwei und drei und vier : Deutsche experimentelle pop-musik 1980-86
[Bureau B]
2 A. EIN

C’est le son de la jeunesse musicale allemande déchaînée sur des synthés bon marché et des guitares de prêteur sur gages. Un disque d’une scène disparate de pop-stars de squats, d’arrivants en écoles d’art et de non-musiciens qui ont redéfini la musique allemande dans la première moitié des années 1980. Armés d’instruments non conventionnels, d’électronique nouvellement abordable et de matériel d’enregistrement rudimentaire, ils ont travaillé à partir de zéro, construisant des rythmes de base et des mélodies simples dans des grooves mutants et suivant leur imagination partout où cela les menait. Le résultat fut une vague de pop fusion fluide tirée du funk, du punk, du jazz et du reggae ; unis dans l’attitude plutôt que dans l’esthétique. Lyriquement, les groupes ont exploré le sérieux et l’idiot, embrassant l’irrévérence du dadaïsme pour déplaire délibérément aux alternatives sérieuses de l’ancienne génération.



Compilation
Shake the foundations : militant funk & the post-punk dancefloor 1978-1984
[Cherry Red Records]
2 A. SHA

Dans le sillage de l’impact sismique et nécessaire du punk sur la scène musicale britannique, d’innombrables influences jusque-là refoulées sont soudainement devenues indispensables et de rigueur pour les futures stars de la pop du pays. ’’Shake The Foundations’’ capture cela, après les déflagrations du punk, présentant une époque où les sensibilités disco, dub, électronique, funk et - murmurez-le - pop - ont commencé à inonder le paysage alternatif.



The Beach Boys
Feel flows : The sunflower & Surf’s up sessions 1969-1971
[Capitol Records]
2 BEA

À la charnière des deux décennies, le groupe californien, jusque-là porté par les tubes en or puis les ambitions symphoniques de son leader Brian Wilson, doit se réinventer. “Feel Flows - The sunflower & Surf’s up sessions 1969-1971” témoigne de cette renaissance éphémère.



Compilation
La ola interior : spanish ambient & acid exoticism 1983-1990
[Bongo Joe]
450 A. OLA

Après ’’La contra ola’’, Bongo Joe est heureux de présenter ’’La ola interior’’, une compilation qui explore le versant ambient de la musique électronique produite en Espagne dans les années 80. Elle regroupe des musiciens d’horizons divers et de générations différentes unis par un même désir de créer des paysages sonores immersifs et de fusionner la musique électronique avec des traditions musicales non occidentales. Peu connues, y compris dans leur pays d’origine, ces musiques peuvent être considérées comme des pionnières de l’expérimentation électronique contemporaine.



Nino Nardini
Jungle obsession
[Farfalla Records]
521 NAR

Réédition de l’un des plus grands disques d’illustration sonore française, le très tropical ’’Jungle Obsession’’.

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