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Paysages sous surveillance
Du 29 janvier au 2 mars 2020
Peintures de Dominique ROBERT

Le travail de Dominique Robert est manifestement tourné vers l’expression laissée à la couleur. Les thématiques sont paysagères, une nature observée ou fantasmée. Un cadrage est effectué comme pour entrer plus avant dans le sujet qui reste celui de la peinture avant tout.

©photo : Estelle Offroy

La vie de la peinture s’écrit, se décrit elle-même. Tantôt coulures, tantôt citron, tantôt ornements. Il est question ici de laisser la fluidité s’exprimer, d’être dans la souplesse, la contemplation d’un écoulement, d’un suintement, d’un glissement. Le liquide s’exprime, la pesanteur attire. C’est aussi un travail de strates avec la trace de sa mémoire, trace du temps, des phases parfois interrompues, c’est un constant palimpseste. La couleur, au centre de l’expression, est scintillante, vive, brute parfois, c’est l’essentielle énergie de ce travail. Les formats oscillent entre la surface petite et d’autres plus vastes, le travail est comme sur une peau, un papier, un vélin.

Il donne à voir et propose un espace de contemplation où la psyché peut errer et se poser. Il est, ici, sur papier, sur toile, à l’acrylique avec des rehauts de pierre noire.
Ce travail est en dialogue constant avec une pratique de l’écrit, du journal au quotidien.

Dominique Robert expose de manière permanente à la galerie du Figuier à Crécy-la-Chapelle.

Et la figure devient décor. L’émergence de la figure par combinatoire se précise, je vois ce que je veux bien voir, ce que j’ai l’habitude de voir, ce que mon préconscient laisse émerger du voir. Si je laisse mon esprit se promener, errer sur la figure, sur l’espace peint, je reconnais la figure, je reconnais ce qui émerge. De la figure abstraite émerge du sens, rien que pour moi. L’aspect décoratif rassure ou rebute, crée l’émotion, le sensible, l’affect tandis que mon esprit reconnait ce qu’il connait déjà̀. De la figure surgissent le sens, l’image qui fait sens. Souvent il y a un centre carré et stable, en haut un arrêt du travail, une suspension du travail en amont, la simple trace du début, de ce qui a été́, d’une promesse. En bas il y a ce qui coule et se laisse aller jusqu’au sol, la/les flaques, strates du travail en devenir.

Je suis sans doute prisonnier du motif, du décor, il me rassure. Mon travail n’a pas de sens, il tente de plaire, de me plaire, je me complais dans la couleur, il ne semble pas y avoir de message profond si ce n’est que de se perdre, de contempler et respirer autrement, de faire le vide à l’affut. L’ensemble des œuvres Paysages sous surveillance est comme un rêve éveillé́ où les messages restent latents.

Le titre est emprunté à une pièce de théâtre d’Heiner Müller.

Dominique ROBERT, plasticien, professeur agrégé
Parcours : École Boulle, École normale supérieure
En poste à l’école supérieure d’arts appliqués Boulle
Vit et travaille à Paris et Orléans

www.dominicrobert.fr
Instagram : @dominicrobert.fr
robert.dominic@wanadoo.fr
06 83 03 01 23

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