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Rencontre-dédicace avec Grégoire Delacourt
Jeudi 1er octobre - 19h30
Saison littéraire

article ©JF PAGA

Grégoire Delacourt se moque des étiquettes en général. Un slogan qu’il aurait peut-être pu inventer à l’époque où, rédacteur publicitaire, il est récompensé mondialement pour son travail.
Mais à l’âge de 50 ans, celui qui a toujours jonglé avec les mots décide d’en finir avec les phrases courtes. Place aux histoires. « J’avais envie d’écrire depuis très longtemps, mais j’attendais le moment d’être plus mûr. J’avais envie de raconter quelque chose qui puisse intéresser les gens. J’ai attendu d’être prêt moralement et physiquement, prêt pour un échec ou une réussite ». L’Ecrivain de la famille (Lattès) est publié en 2011 et reçoit cinq prix littéraires. Donc réussite, assurément.
En 2012, La Liste de mes envies confirme l’enchantement des lecteurs. Avec plus d’un million d’exemplaires vendus, diffusé dans trente-cinq pays, quatre adaptations au théâtre et un film, le succès est garanti.
En 2013 paraît La Première chose qu’on regarde. On ne voyait que le bonheur en 2014 fait également l’objet d’une adaptation théâtrale. Suivent Les Quatre saisons de l’été (2015), Danser au bord de l’abîme (2017) adapté au cinéma, La Femme qui ne vieillissait pas en 2018 et Mon père l’année suivante. Le public et la critique ne s’y trompent pas et ses romans sont couronnés de nombreux prix.
Grégoire Delacourt fait parler les « humbles » avec dignité et pose sur eux un regard plein de tendresse et d’amour. Il est le fil qui les relie aux privilégiés déconnectés de la vraie vie. Ses mots sonnent avec une immense justesse. « Ecrire c’est écouter le monde, les vents chauds, les vents doux, mais aussi les tempêtes et les ouragans, c’est nommer pour empêcher l’oubli. C’est dire pour donner une vie ». (extrait de la préface de Mon père)

Un Jour viendra couleur d’orange

A l’aube d’un matin de novembre, dans le Nord de la France, un groupe de copains se poste sur un rond-point et décide de l’occuper. Parmi eux, Pierre, vigile à mi-temps dans un supermarché après un licenciement, exprime enfin une colère longtemps contenue. Au fil des journées de mobilisation, le fossé se creuse avec sa femme, infirmière en soins palliatifs, et Geoffroy, leur fils de treize ans, garçon singulier qui lui a toujours fait peur. Un fils qui refuse d’être touché, classe tout par couleur, compte la taille exacte de ses foulées, et retient tout ce qu’il lit, en silence. Quand Pierre l’oblige à jeter un cocktail molotov sur un bâtiment public, Louise le quitte, épuisée par la violence de son mari et déterminée à protéger Geoffroy.
Le garçon est différent, isolé, rejeté par les jeunes du collège et du quartier. Seule Djamila, quinze ans, est fascinée par son invraisemblable mémoire, ses manies, sa candeur de petit prince venu d’ailleurs. Un lien se noue, qui entraîne bientôt les deux adolescents sur le territoire inconnu de l’amour et les conduit à se réfugier dans la forêt, à l’abri de la violence du monde. Homme des bois solitaire et généreux, Hagop leur apprend les noms des arbres et les chants des oiseaux, faisant de sa cabane un refuge accueillant. Peinture sociale, histoires d’amour et roman initiatique, Un jour viendra couleur d’orange tisse magistralement le drame de ses personnages. Grégoire Delacourt nous entraîne au rythme haletant d’une écriture habitée par l’urgence vitale de ses héros, leurs contradictions, leurs désirs et leurs peurs. La rage de Pierre, le don de soi de Louise, la singularité de Geoffroy, l’oppression subie par Djamila et le retrait du monde d’Hagop, autant de luttes qui s’entrechoquent puis se rejoignent. Car selon les mots d’ « Un jour pourtant un jour viendra couleur d’orange (…) Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche »… Poignant et lumineux.

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