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Sélection Albums Mai 2020

INDIE ROCK / POP / FOLK


Damien JURADO
’What’s New, Tomboy ?
[Mama Bird Recording Co.]


Depuis ses débuts en studio à la fin des années 1990, Damien Jurado est une bénédiction pour la critique. Pas une fausse note dans sa discographie, pas un album qui se montre en deçà de ses standards habituels, pas un instant où l’on se dise que le songwriter de Seattle, désormais installé à Los Angeles, est en perte de vitesse, à bout de souffle. Avec une belle nonchalance ou un je ne sais quoi d’élégance rare, Damien Jurado continue donc de sortir des disques grandioses et modestes, et ce ne sera pas ce ‘’What’s New, Tomboy ?’’ qui viendra rompre cette belle habitude.



Owen PALLETT
Island
[Domino Records]


Après six années de silence radio, le musicien prodige canadien Owen Pallett revient avec le sublime disque nommé ‘’Island’’. Pour la première fois, Owen Pallett - de formation classique - a créé un album sans se soucier de la façon dont il pourrait être joué sur scène. Cela n’a pas été facile : la réputation d’Owen s’est fondée sur sa virtuosité en concert, jouant du violon pour des groupes comme Arcade Fire et les Hidden Cameras, ou encore par son projet solo de violon et de loop-pedal nommé Final Fantasy. Presque entièrement acoustique et enregistré live aux studios d’Abbey Road avec l’Orchestre Contemporain de Londres, l’auteur-compositeur-interprète offre encore une collection de chansons aussi pertinentes que bien composées.



Moses SUMNEY
græ
[Jagjaguwar Records]


Trois ans et demi après son mémorable ‘’Aromanticism’’, le prodige Moses Sumney présente ‘’grae’’ en guise de retour. En vingt titres, en comptant les brefs interludes, le chanteur, guitariste et compositeur développe les thèmes de la solitude, de l’ambivalence, de la vulnérabilité surtout. “Græ” comme ‘græ-ness’’, le gris ou la glorieuse complexité de l’entre-deux, des marges, des identités multiples, des vérités contrariées. L’album est une vision musicale encore plus qu’une belle voix, le musicien californien proposant un répertoire richement écrit et orchestré trouvant un équilibre entre gospel, R&B, pop baroque, rock, jazz et musiques électroniques d’avant-garde.



PERFUME GENIUS
Set My Heart On Fire Immediately
[Matador Records]


Rares sont les artistes qui peuvent se targuer de faire ainsi l’unanimité en leur faveur. Depuis ses débuts sur disque en 2010, Mike Hadreas, mieux connu sous son nom de scène Perfume Genius, a obtenu les accolades à chacune de ses parutions. Le voici qui vient de lancer ‘’Set My Heart on Fire Immediately’’, son offrande la plus pop en carrière, mais aussi sa plus ambitieuse sur le plan des arrangements.



BLACK MILLS
Mutable Set
[New Deal Records / Verve Records]


Avec son nouvel album ‘Mutable Set’, le producteur lauréat d’un Grammy, musicien et chanteur/compositeur Blake Mills a façonné un album emprisonnant toutes les dissonances de la vie moderne. Le disque présente un univers musical sans percussions, auto-suffisant grâce aux mélodies des cordes de sa guitare. L’instrumentation du disque est d’une rareté sans égale avec des sonorités naturelles et chaudes. Mills c’est entouré de musiciens très pointus en enregistrant dans l’iconique Sound City Studio de Los Angeles : Aaron Embry (Elliot Smith, Edward Sharpe and the Magnetic Zeros) aux claviers, Sam Gendel (Vampire Weekend, Moses Sumney) au saxophone, Rob Moose (Alabama Shakes, Bon Iver) aux cordes, Abe Rounds (Meshell Ndegeocello, Andrew Bird) ainsi que le légendaire Pino Palladino (The Who, D’Angelo ) à la basse.



Caleb Landry JONES
The Mother Stone
[Sacred Bones Records]


Bien qu’il soit connu pour ses rôles d’acteur dans des films comme ‘’Get Out’’ (2017) et ‘’X-Men : First Class’’ (2011), Caleb Landry Jones nourrit depuis longtemps des ambitions musicales. À part le projet éphémère de Robert Jones dans les années 2000, il a relégué ses idées dans les profondeurs de son esprit et les séances d’enregistrement occasionnelles dans la grange de ses parents. Plutôt que de laisser mourir ses chansons, Jones a nourri son art dans la grande déclaration de son premier album. The Mother Stone est un travail de maître en matière de musique psychédélique expansive, envoûtante et saisissante.



V.V. LIGHTBODY
Make A Shrine Or Burn It
[Acrophase Records]


En 2018, V.V. Lightbody avait débarqué avec un premier disque nommé ‘’Bathing Peach’’ qui contient toutes ses promesses. Et peu importe si l’auteure-compositrice-interprète de Chicago n’a pas rencontré le succès escompté, cela aura le mérite pour Vivian McConnell, de son vrai nom, de faire parler son univers si équivoque. Inspiré par une rupture amoureuse douloureuse, V.V. Lightbody a décidé de cicatriser cette peine de cœur en musique.



STRFKR
Future past life
[Polyvinyl Records]


Totalement inattendu. Après un ’’Being No One, Going Nowhere’’ trop prompt à séduire les charts et dancefloors, STRFKR revient aux fondamentaux avec ce ’’Future Past Life’’. Cela a-t-il à voir avec le retour de Josh Hodges à Portland ? Quoi qu’il en soit, à défaut d’un minimalisme difficilement atteignable avec ce type de pop psychédélique, les arrangements "tape-à-l’œil" de son prédécesseur font désormais partie du passé. STRFKR nous propose un disque solaire, aérien et captivant, agrémenté d’huiles brumeuses et raffinées. Une vraie réussite qui pourrait nous accompagner durant cet été particulier qui s’annonce.



AKSAK MABOUL
Figures
[Crammed Disc Records]


Au printemps 1977, deux jeunes musiciens belges qui se font appeler Aksak Maboul (Marc Hollander & Vincent Kenis) se lancent dans l’enregistrement d’un album intitulé ‘’Onze danses pour combattre la migraine’’, dans lequel ils mélangent et déconstruisent allègrement les genres afin de créer leur propre univers musical. Aksak Maboul revient en 2020 avec un nouveau disque intitulé ‘’Figures’’, un double album comprenant non moins de 22 morceaux et interludes, résultant de l’afflux d’idées. Puisant aux sources multiples qui inspirent le groupe (électronique, pop, jazz, musique contemporaine, minimalisme, etc), Aksak Maboul les reconfigure à sa manière inimitable. Instrumentation électronique et acoustique, programmation et improvisation, mélodies, beats, textes à tiroirs, objets trouvés et collages sonores composent un véritable labyrinthe, truffé de correspondances et de passages secrets, tant musicaux que textuels.



TREES SPEAK
Ohms
[Soul Jazz Records]


Lorsque le groupe, sorti de nulle part, a sorti un 45 T exclusif en white label 100 pressages, décrit comme un parfait mix entre Can, Neu ! et Liquid Liquid, il s’est vendu si rapidement (en moins de 30 minutes) que Soul Jazz Records a décidé de sortir son album presque immédiatement. Le label sort rarement de la nouvelle musique mais a trouvé celle de ‘’Ohms’’ si étonnante et si riche en éléments qu’ils n’ont pas eu d’autre choix que de la sortir. Le groupe Trees Speak est originaire de Tucson, en Arizona. Leur musique ressemble à la rencontre du krautrock avec du post-punk et du psych rock.



Eve OWEN
Don’t Let The Ink Dry
[Modulor Records]


Le premier album de l’auteure-compositrice et interprète britannique Eve Owen, ‘’Don’t Let The Ink Dry’’, est une œuvre d’une sensibilité brute et d’une imagination débridée, qui a pris vie au cours de trois années charnières pour la chanteuse. Durant cette période, l’artiste de 20 ans a passé ses vacances d’été à écrire et à enregistrer à New York avec Aaron Dessner de The National, se plongeant dans une exploration créative. Produit par Dessner au Long Pond Studio (une vieille ferme reconvertie en studio au fin fond de la vallée de l’Hudson), ‘’Don’t Let The Ink Dry’’ montre Eve laissant aller son attirance pour la musique folk tout en poursuivant les expérimentations électroniques.



PUBLIC PRACTICE
Gentle Grip
[Wharf Cat Records]


Pour les éternels nostalgiques du son DFA Records qui a dominé les années 2000, on assiste à une sorte de mouvement revival. On en veut pour preuve le quatuor new-yorkais Public Practice, né des cendres du groupe WALL, qui allie dance-punk et disco-funk d’une drôle de façon. Et pourtant, ils réussissent bien cette fusion avec leur premier disque nommé ‘’Gentle Grip’’. Public Practice nous entraîne dans les tréfonds de l’underground post-punk new-yorkais avec un groove incisif qui habille les morceaux.



ELECTRO / AMBIENT / EXPERIMENTAL


The SOFT PINK TRUTH
Shall We Go On Sinning So That Grace May Increase ?
[Thrill Jockey Records]


Le leader de Soft Pink Truth, Drew Daniel ne manque jamais de concepts, d’inventions ou même d’idées confuses. En tant que moitié de MATMOS, il a déjà sorti 10 albums officiels, ainsi que de nombreux autres albums collaboratifs – tous repoussant les limites du traitement électronique du son avec des sujets extrêmement complexes qui ont traité de l’histoire des États-Unis, de la chirurgie plastique, de la philosophie ou de l’identité homosexuelle, entre autres. ‘’Shall We Go On Sinning So That Grace May Increase’’, en revanche, séduit à nouveau par des hymnes, des chansons et des moments qui vous plongent dans un état contemplatif, presque méditatif. Ici, il n’y a pas d’incidents flagrants, pas de bruits musicaux concrets ni même de rythmes irréguliers. Tout tourne autour d’impulsions constantes, d’harmonies riches, de synthétiseurs doux et d’accords ondulatoires réfléchis.



Kaitlyn Aurelia SMITH
The Mosaic of Transformation
[Ghostly International]


On avait laissé Kaitlyn Aurelia Smith avec un ‘’The Kid’’ fédérateur et de bonne facture. Suite à cela, la musicienne et productrice électro expérimentale américaine a su se démarquer avec son brin d’originalité à coup de bandes sons et de compilations en tous genres. La voici de retour trois années plus tard avec le méditatif ‘’The Mosaic of Transformation’’. Comme à son habitude, Kaitlyn Aurelia Smith vacille entre ambient, new age et electronica. ‘’The Mosaic of Transformation’’ ira allier sciences physiques et musique avec ces neuf compositions synthétiques et planantes qui ont l’air de ne former qu’un. Convoquant ses synthés fétiches qu’est la Buchla 100, la musicienne californienne nous entraîne dans cet univers méditatif qui est riche en surprises en tous genres.



GRAND VEYMONT
Persistance et changement
[Objet Disque Records]


Un seul titre de 40 minutes et dont le seul interlude est un changement de face sur le vinyle, voici le programme du nouvel album de Grand Veymont, “Persistance et Changement”. Grand Veymont, un duo français explorant, labourant même, le même sillon depuis “Route du vertige” en 2018. Deux ans plus tard, si le monde a changé, eux ont fait le pari d’une crête plus ardue qu’on nommera pour aller vite la radicalité. Cet album est un médicament contre l’anxiété, l’urgence et la frénésie dans laquelle nous nous sommes peu à peu tous perdus, à force d’appuyer sur NEXT dans l’espoir d’un titre meilleur que le précédent.



OFFTHESKY & THE HUMBLE BEE
We Were The Hum Of Dreams
[Laaps Records]


Après ‘’All Other Voices Gone, Only Yours Remains’’ en 2019, poursuite d’une rencontre au sommet dans le domaine éthéré de l’ambient avec ce second chapitre d’un rêve ouaté en compagnie d’Offthesky et The Humble Bee. Offthesky (Jason Corder) et The Humble Bee (Craig Tattersall) sans trop savoir comment ils y parviennent nous entrainent dans des territoires à la fois absolument familiers quand ils ne sont pas ouvertement référencés (Stina Nordenstam, David Sylvian ou Jon Hassell) mais également pleinement énigmatiques. Il est bien difficile de parvenir à définir cette construction abstraite, peut-être mélancolique mais en même temps solaire, peut-être abrasive mas en même temps apaisée. Si vous êtes à la recherche d’un son apatride, d’une musique sans attache, d’un univers vierge à découvrir, ‘’We Were The Hum Of Dreams’’ répondra sans aucun doute à chacune de vos espérances, un disque à la fois aventureux et ami.



FOOLS
Fools’ Harp Vol. 1
[Music From Memory]


‘’Fools Harp Vol. 1’’ est la première sortie de Christopher Bear, mieux connu en tant que membre du groupe indie rock Grizzy Bear. Sous l’alias solo Fools, la première œuvre solo de Bear est un lien entre les expérimentations de la musique ambient, de prototypes futuristes et de motifs de rythmes éthérés.



Andrew TUTTLE
Alexandra
[Room40 Records]


‘’Alexandra’’, le nouvel album de l’Australien Andrew Tuttle fait référence à la terre de ses origines, imprégnée de ruralité et de senteurs boisées, de plaisirs simples et de beauté sans fard. Les cordes de sa guitare et de son banjo s’entourent de violon, de cuivres, de piano, pour raconter des histoires héritées de temps anciens recouverts de poussière rouge. Avec tous ses instruments, Andrew Tuttle dessine des paysages sonores superbes qui entraînent l’auditeur vers des contrées soyeuses, bercées de lumière rasantes et de paysages apaisants.



K-LONE
Cape Cira
Wisdom Teeth]


K-LONE a l’habitude de composer de la dance intelligente. Mais là, il a voulu échapper aux rigueurs d’un hiver qui n’en finit plus. D’où ce projet ‘’Cape Cira’’, au groove consistant et en douceur qui enveloppe et berce. La musique de ce premier album le fait au sens figuré et au sens propre. Elle est inondée par le chant des oiseaux, les vagues de l’océan et d’autres enregistrements de terrain de lieux paisibles, et elle construit ses grooves avec une palette de sons tropicaux quelque part entre le royaume fantastique de Midori Takada et le paresseux baléare de Mark Barrott. Ce ‘’Cap Cira’’ se situe dans un espace magnifique entre le réel et l’imaginaire.



HODGE
Shadows In Blue
[Houndstooth Records]


Hodge a réussi à se faire un nom dans le milieu de l’électro britannique. Le DJ et producteur originaire de Bristol avait publié une multitude d’EPs et signé une ribambelle de collaborations qui a fait accroître sa popularité. Cette année, il présente enfin son tout premier album tant attendu nommé ‘’Shadows In Blue’’. Hodge reprend ses quartiers avec cet univers musical pour le moins végétal mais explosif. Entre dance music et ambient, Hodge arrive à concilier les sonorités organiques avec une dose d’expérimental et de mysticisme. En fin de compte, cela donne un mélange avec des morceaux à la fois introspectifs et dynamiques.



Federico MOSCONI
Il Tempo Della Nostra Estate
[Slowcraft Records]


Entre saturations et jeu cristallin d’une guitare acoustique, le compositeur Federico Mosconi nous offre un disque à la beauté pure. Se dégage de ces longues mélopées un souffle, une rumeur utérine, une humeur amniotique perturbée çà et là par quelques voix lointaines (Celle de Elisa De Rossi). La dissonance est d’une rare poésie comme un contraste et une mise en avant des arrières-plans, on y croise la noirceur gris-clair du Tim Hecker d’’’An Imaginary Country’’ (2009), cette intelligente mise à distance du bruit, ce son apprivoisé et en même temps sauvage.



Angèle DAVID-GUILLOU
Sans Mouvement
[Autoproduit]


Angèle David-Guillou dit tout dans le titre de son nouvel EP, Sans Mouvement comme un écho perturbé à son Mouvements Organiques de 2018 comme s’il fallait entendre que le temps du confinement est celui d’un rapport à l’immobilité, d’une synchronisation du corps à la pensée. Angèle David-Guillou continue de construire une œuvre qui va chercher aussi bien dans les pièces pour orgue d’Arvo Pärt, dans les travaux de Peteris Vasks, dans les climats glacés et répétitifs de l’école estonienne. Le premier mouvement de cet ep, une longue plage de 50 minutes s’installe dans cette dilatation du temps, à coup de minimalisme, de va et viens permanents, comme la vague métronomique qui caresse le sable. Il y a une belle ironie tendre dans le titre de cet Ep, un jeu avec le paradoxe car la musique d’Angèle David-Guillou est à chaque instant mouvante, dans une perpétuation d’un balancement, dans une forme de dérive ou de bercement.



FRANCAIS


Ezechiel PAILHES
Oh !
[Circus Company Records]


Cela va faire maintenant cinq années que Nôze s’est mis en pause après leur disque ‘’Come With Us’’. Pendant ce temps, Ezechiel Pailhès, moitié du duo, a pu fleurir sa carrière solo de son côté avec entre autres son second disque nommé ‘’Tout va bien’’ qui l’a révélé au grand nombre. Trois ans plus tard, il effectue son retour avec son successeur intitulé ‘’Oh !.’’ Le cœur de cet opus, est un aller-retour permanent entre poésie et chanson, on y retrouve les vers de William Shakespeare (que Pailhès avait déjà adapté sur son précèdent disque), mais aussi Victor Hugo, Pablo Neruda, ainsi que sur trois chansons, la poétesse Marceline Desbordes-Valmore, pionnière du romantisme et influence de Verlaine et Baudelaire.



YVONNE LA NUIT
La Maison de Sel
[Egghunt Records]


Yvonne La Nuit avait fait ses premiers pas l’année dernière avec son premier EP intitulé Bright Stars. Suite à cela,’ l’auteure-compositrice-interprète parisienne a fait une entrée précieuse mais remarquable avec son univers si attachant. Ce n’est pas pour rien qu’elle revient un an plus tard avec son successeur nommé La Maison de Sel sur le label Egghunt Records fondé par Mathias Malzieu de Dionysos. Voici venir quatre nouveaux titres où Yvonne La Nuit raconte une histoire pour la moins fantaisiste, celle d’une petite fille aux larmes magiques qui cherche à protéger sa maison de sel de la pluie. Et elle réussit à nous fasciner avec ses ballades folks scintillantes et berçantes.



Cléa VINCENT
Tropi-cléa 2
[Midnight special records]


Entre deux CD de pop plus traditionnels, les excellents ‘’Retiens mon désir’’ et "Nuits sans sommeil’’, la très talentueuse artiste pop Cléa Vincent nous envoie un peu de soleil des tropiques dans un EP bouillant ‘’Tropi-Cléa 2’’. Après un premier EP en 2017, ‘’Tropi Cléa’’, plus estampillé bossa nova, Cléa Vincent continue sa parenthèse tropicale avec un second volet qui va ce coup-ci, un peu plus du côté de la samba et de la salsa. Elle donne vie à six nouveaux titres composé cet hiver et qui tombe à point nommé pour ce printemps chaud mais confiné.



FACTEURS CHEVAUX
Chante nuit
[La Grange Aux Belles Records]


Le duo indie folk alpin Facteurs Chevaux est de retour pour venir embraser les foules avec leur album intitulé ‘’Chante Nuit’’.En l’espace d’un seul disque, il aura suffi pour que Facteurs Chevaux s’insère facilement dans le paysage francophone. Sammy Decosta et Fabien Guidollet se sont imposés avec leur indie folk racontant de multiples péripéties et ils récidivent cette année avec leur nouvel album. ‘’Chante-Nuit’’ nous rappelle l’époque des troubadours et ce pour notre plus grand plaisir et avec des titres apaisants et vivifiants, il y a de quoi s’évader en douceur.



COMPILATION
Mostla MaAula
[MaAula Records / La Souterraine Records]


MaAuLa est un label du Maine et Loire, spécialisé dans les musiques exotiques, pour ne pas dire musiques du monde, terme que les fondateurs trouvent suranné. Nous sommes tous l’exotique de quelqu’un d’autre et c’est pour cela que MaAuLa défend une musique sans frontière, ni de pays, ni d’origine, ni de genre musical. Rééditions ou groupes actuels, les sorties du label se font toujours dans ce sens. Régulièrement, sortent les maaula-o-rama, panorama des musiques du monde jouées par des groupes français, dont les membres, bien souvent, n’ont strictement aucun lien avec les origines de ces musiques.



9000th
Sealed Patterns
[IMD-9000Rec]


Alban Dantan, un des membres du groupe Dharma Bum a décidé d’élargir son périmètre avec son nouveau projet musical nommé 9000th et confirmant ce virage avec un premier EP nommé ‘’Sealed Patterns’’. Avec l’aide de Grégy Serres aux percussions et de Paul Morvant à la production, 9000th ira se rapprocher des productions électro-pop stellaires. Le projet musical rouennais réussit ce virage à l’écoute des morceaux synthétiques.



JAZZ


Lucian BAN
Transylvanian Folk songs
[Sunnyside Records]


Au début des années 1900, Béla Bartók a été initiée à la musique folklorique du peuple roumain en Transylvanie. Son engouement immédiat pour la musique l’a conduit à poursuivre sa vie pour enregistrer et cataloguer ces belles pièces régionales. Bartók a passé huit ans à parcourir la campagne roumaine pour enregistrer et transcrire ces pièces, qu’il passerait le reste de sa vie à rassembler en six catalogues contenant plus de trois mille morceaux, simplement intitulés Musique folklorique roumaine. Un siècle plus tard, trois improvisateurs exceptionnels - Mat Maneri, Lucian Ban et John Surman - s’inspirent de la musique qui a enflammé l’imagination de Bartók, en revoyant les chants, les lamentations, les chansons d’amour, les chansons de dot et plus encore que le compositeur a recueillies, dans la période entre 1909-1917.



Marc PERRENOUD Trio
Morphée
[Neuklang Records]


Le nouvel album du Marc Perrenoud Trio est presque né dans les bras de Morphée. La chaleur écrasante de l’été 2019, à Genève, n’a pas laissé d’autre choix au pianiste que d’écrire la nuit ces huit compositions, que le trio a ensuite fait naître en résidence à Annemasse. Ce cadre imposé par une circonstance extérieure a donné à l’album son principe intérieur. ‘’Morphée’’ est un oiseau de nuit à la fois inconnu et étrangement familier, qui se pose furtivement le temps de n’être pas vu. Il s’inscrit dans la grande tradition des disques de jazz en trio, avec ce petit quelque chose en plus, comme un rêve oublié qui laisse derrière lui une vague impression.



Anne METTE IVERSEN
Racing a Butterfly
[Brooklyn Jazz Underground Records]


Qu’est-ce qui nous attire chez certains artistes ? Quelles qualités possèdent-ils qui nous captivent et nous enchantent ? Est-ce la virtuosité, la créativité ou la longévité ? Ou bien est-ce une humanité inhérente à leur musique ? Peut-être un sentiment de connaissance de soi et d’assurance qui résonne dans chaque note de chaque composition. Pour de nombreux fans de la bassiste, compositrice et leader Anne Mette Iversen, c’est tout cela à la fois qui compte. De quoi se réjouir de la sortie de son nouvel enregistrement, “Racing a Butterfly”, avec son Quartet +1, le plus ancien groupe d’Anne Mette Iversen, avec John Ellis (saxophone ténor), Peter Dahlgren (trombone), Danny Grissett (piano), Anne Mette Iversen (basse) et Otis Brown III (batterie).



Jean-Louis MATINIER & Kevin SEDDIKI
Rivages
[ECM]


‘’Rivages’’ de l’accordéoniste Jean-Louis Matinier et du guitariste Kevin Seddiki n’a rien de soporifique, ‘’Rivages’’ est un album apaisant en cette époque où le temps s’étire bizarrement. Les lames de l’accordéon font vibrer une veine mélodramatique sans nostalgie. Les cordes de la guitare ont une rondeur charnelle sans être mièvres. Au milieu de leurs propres compositions, les deux compères ont discrètement glissé ‘’Les berceaux’’ de Fauré et ‘’La chanson d’Hélène’’ de Sarde.



KURT ROSENWINKEL
Angels around
[Heatcore Records]


Dans l’univers du jazz, Kurt Rosenwinkel est aussi discret qu’essentiel. C’est d’abord le son de sa guitare, travaillé de manière très contemporaine, qui interpelle, puis ses phrases plutôt courtes et simples qui mettent en avant des mélodies imparables. Après quoi, ce sont sa conception de l’improvisation qui le démarque définitivement du commun des guitaristes. Accompagné très finement par le contrebassiste italien Dario Deidda et un autre jazzman incontournable à la batterie, Greg Hutchinson, le natif de Philadelphie livre un disque superbe, très homogène, au lyrisme impressionnant de fluidité.



ALWAYS KNOW MONK
Humph
[Heatcore Records]


Always Know Monk, le groupe du contrebassiste Yves Marcotte, revisite à nouveau Monk dans “Humph”. Cet album est le fruit d’une année de travail, et de l’effort continu depuis maintenant 4 ans de revisiter la musique de Thelonious Monk d’une manière nouvelle, tout en étant respectueux de ces incroyables compositions et de l’héritage qu’elles représentent dans le monde du jazz.



HIP- HOP / R’n’B


JAMO GANG
Walking with Lions
[Fat Beats Records]


Jamo Gang est un super groupe composé de la légende de LA Ras Kass, le MC vétéran de New York El Gant et J57 à la production. Leur premier album, ‘’Walking with Lions’’ incarne le meilleur du Boom Bap avec des infusions de basses profondes et de paysages sonores luxuriants. Pour l’occasion, ils ont invité la légende Dj Premier à produire le titre "The 1st Time" et à co-produire le titre "Highway". Les autres invités sont Sid Wilson de Slipknot ou encore Slaine.



Yung LEAN
Starz
[YEAR0001 Records]


Le sad boy suédois revient avec ‘Starz’’, son quatrième album. Toujours plus loin d’un hip-hop conventionnel (à l’image du morceau éponyme en collaboration avec Ariel Pink), l’album se lance dans un cloud rap encore plus éthéré tout en incorporant des sonorités abrasives.



MOODYMANN
Taken Away
[KDJ Record]


Après six longues années d’absence, le mythique DJ et producteur américain Moodymann revient avec son nouveau disque ‘’Taken Away’’. Lorsque Moodymann fait son grand retour, ça annonce toujours quelque chose d’aussi monstrueux. A ce stade de sa carrière, le DJ et producteur de Detroit est une légende même si cela faisait depuis 2014 qu’il n’avait pas publié de réel disque. Donc forcément, son nouveau disque ‘’Taken Away’’ est une belle aubaine pour ce printemps particulier.On avait besoin de groove pour ces temps sombres et ça tombe bien parce que Moodymann a prévu de nous en donner.



DUNE x CRAYON
Hundred fifty roses
[Roche Musique]


Quatre ans après un EP commun, le binôme français revient avec un premier album sophistiqué. Un disque complexe, teinté de néo-soul captivante et enivrante, qui décline les différentes facettes de la masculinité. Le fruit de longs mois de travail en studio pour le binôme francilien, car les deux hommes ont entre-temps poursuivi les collaborations.



WORLD


GROUPE RTD
The Dancing Devils of Djibouti
[Ostinato Records]


Le premier album international de la République de Djibouti et le premier album enregistré en studio d’Ostinato. Alors que la musique de la Somalie est largement célébrée, son voisin, Djibouti, anciennement connu sous le nom de Somaliland Français, abrite un réservoir tout aussi profond de sa propre musique somalienne unique. Une superbe collision de Bollywood indien, de dub et de reggae jamaïcain, de cors élégants inspirés de l’ère du jazz de Harlem et des mélodies de synthés envoûtantes et joyeuses de la mer Rouge, le groupe de radio national de Djibouti et l’un des secrets les mieux gardés d’Afrique de l’Est.



FRA FRA
Funeral songs
[Glitterbeat Records]


Le label tout terrain Glitterbeat est parti à la rencontre de fra fra, un trio originaire de Tamale dans le nord du Ghana, qui porte le nom de l’ethnie qui vit dans cette région. Le leader s’appelle Small, qui porte bien son nom (il est de petite taille) mais l’arbore avec fierté. Il a choisi la « guitare » Kologo à deux cordes et utilise des petites plaques métalliques comme des sonnailles qu’il s’attache autour de la tête. En plus des percussions, les fra fra jouent des minuscules flûtes qu’ils appellent « des cornes », puisqu’elles sont faites de ce matériau. Publié dans l’excellente collection Hidden Musics chez Glitterbeat Records, cet album très "blues". Ces chants funéraires sont produits par Ian Brennan.



Kiko DINUCCI
Rastilho
[Triatore Records]


Kiko Dinucci est un musicien et compositeur brésilien de Guarulhos, São Paulo. Un des fondateurs des groupes Metá Metá et Passo Torto. Il a collaboré avec des artistes tels que Elza Soares, Tom Zé, Criolo, Jards Macalé et Baco Exu do Blues. Le nouvel album de Kiko Dinucci, ‘’Rastilho’’ se déguste sans plus attendre.



COMPILATION
Kinshasa 1978
[Crammed Discs Records]


Dans les années 70 la scène musicale Zaïroise est en pleine ébullition avec une nouvelle génération de musiciens venus de l’intérieur du pays et boostant les musiques traditionnelles avec un cocktail urbain de rythmes frénétiques, de distorsions générées par leurs amplifications bricolées ou de likembés (pianos à pouces) électriques. Producteur et technicien à Radio France, Bernard Treton profite de son séjour à Kinshasa pour enregistrer, sur un Nagra portable, en 1978 quatre groupes de cette scène Konono N°1, Sankayi, Orchestre Bambala et Orchestre Bana Luya. Une partie de ces sessions allait engendrer l’album "Zaïre : Musiques Urbaines à Kinshasa", publié en 1986 par Ocore. Une musique de fête et de transe boudée par la critique"traditionaliste" de l’époque avant de connaître le succès au début des années 2000 avec notamment l’album ‘’Congotronics’’ de Konono n°1.



EDIKANFO
The Pace setters
[Glitterbeat Records]


Une comète de grooves, de highlife et de funk s’apprête à s’écraser sur nos playlists, dans nos bacs à disque, sur nos dancefloor, et surtout chez Glitterbeat Records, qui réédite un album haut, mais très haut en rythmes, The Pace Setters du groupe ghanéen Edikanfo ! On est en 1981 quand le groupe Edikanfo s’enfermer au Studio One, non pas celui de Kingston, mais celui d’Accra, pour enregistrer The ‘’Pace Setters’’, le premier et seul album du groupe, qui dès sa sortie impose la musique des Ghanéens comme une référence du genre. Il n’y a pas à dire ces ‘’Pace Setters’’ donne la cadence ! D’autant plus que le disque a eu aussi un coup de pouce de taille grâce à l’équipe qui a travaillé dessus… Brian Eno ! Collaborateur de David, Bowie comme Byrne, producteur de Talking Heads et de Devo, et amoureux du son d’une Afrique psychédélique naissante, le musicien et arrangeur britannique, est aux manettes de la prod de ce disque.



Nkem NJOKU & OZOBIA BROTHERS
Ozobia Special
[BBE Records]


Une fois de plus, le label britannique BBE propose de rééditer une réplique rare estampillée Tabansi, jusqu’alors jamais sortie hors d’Afrique. On ne sait que très peu de choses sur Nkem Njoku, qui composa pourtant ce petit chef d’œuvre de highlife igbo au début des années 80.

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