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Tendances n°21 - Espace Musique
liste de nouveautés
Novembre 2008

SABA
Jidka : the line
Riverboat
013.2 SAB
Son premier album, Jidka (the line) qui se compose de 12 titres pratiquement chantés en somalien, est une merveille. En somalien, la ligne, la route, se dit Jidka, c’est de cette démarcation qui permet les rencontres comme celle de son père italien et de sa mère somalienne, que Saba s’est inspirée pour parler à travers sa musique et ses chansons des femmes africaines, de la paix, de la vie.

HABIB KOITE & BAMADI
Afriki
Harmonia Mundi
017.2 KOI
Enregistré entre Bamako, Bruxelles et Charlotte (Vermont, USA), Afriki est le quatrième album studio et le plus impressionnant par sa diversité. Comme les précédents, Afriki est un album de chansons. Chacune y délivre son petit message moral, parfois très discutable, dans la pure tradition griotique. Le livret comporte des traductions assez complètes en anglais et français, ce qui permettra aux non-locuteurs du bambara de se faire une opinion et de réagir.La musique d’Habib Koité est une adéquation vraiment parfaite entre son héritage mandingue et son attirance pour le classicisme européen. C’est flagrant dans N’teri, qui me semblait être a priori le sommet de cet album. On y entend une mélodie admirable, bouleversante, un pur chant de griot adressé par Habib Koité à tous ses amis, exposé d’abord par sa guitare, puis par sa voix, que rejoignent ensuite le balafon et d’autres percussions mandingues, mais aussi un trio à cordes harmonisé dans un style romantique, très "schubertien"... Nous sommes tous, nous les humains, plus sensibles à la culture, à la musique des autres à condition qu’ils fassent l’effort de se mêler à la nôtre. Toute l’histoire de la "world music" est d’ailleurs pavée de ces bonnes intentions qui peuvent aussi préfigurer l’enfer d’une certaine mondialisation

El Hadj N’DIAYE
Géej
Marabi
017.2 NDI
Une mélodie entêtante distillée par les cordes, tandis que la voix rauque, nasale, puissante, légèrement tremblée par moments, gorgée de soleil, entrelace le français et le wolof. C’est scandé et dansant, c’est bluesy aussi. Le Sénégal d’El Hadj N’Diaye est plus intimiste que celui de Youssou N’Dour. Très articulé sur les mots qu’il égrène avec gourmandise, comme des gâteries où s’enracine le chant, d’envols passionnés en méditations incrédules. Conteur autant que chanteur, El Hadj N’Diaye n’hésite pas à aborder les sujets qui fâchent. La dette africaine qui « étrangle », les « politiques mensongères », les rafiots du malheur (« Mer, mer / Tu engloutis tes enfants ») et même la « dégueulasserie ». Le sieur N’Diaye joue de la guitare et de l’harmonica. A ses côtés, deux autres guitaristes, deux bassistes, un violoncelliste, un adepte du luth n’goni (Moriba Koïta), un joueur de kora, un souffleur, trois percussionnistes.

Rokia TRAORE
Tchamantché
Universal Jazz
017.2 TRA
Dix ans que le nom de Rokia Traoré a surgi dans le paysage de la musique malienne. D’abord adoubée par les noms prestigieux d’Ali Farka Touré ou Oumou Sangaré, elle a progressé doucement pour développer une personnalité artistique au-delà de la musique traditionnelle en se laissant porter par d’autres sonorités et influences. Sur Tchamantché, les instruments ancestraux, le n’goni, la kora, sont toujours présents, ils sont désormais au service d’une vision moderne, actuelle de la musique malienne. Définitivement détachée des noms prestigieux de ses prédécesseurs, Rokia Traoré joue désormais sur le terrain qu’elle connaît le mieux : le sien. Reprenant The Man I love de Billie Holiday dans une version touchante de sincérité, se laissant aller à la langue française sur deux titres, traversant l’Atlantique pour se frotter au blues, elle fait de Tchamantché à la fois une métamorphose et une éclosion.

ETRAN FINATAWA
Désert crossroad
World Music Network
019.2 ETR
Le résultat est un carrefour d’influences, des sons rudes de la guitare répétitive des touaregs, de ceux qu’on a pu croiser chez Tinariwen ou Toumast et des polyphonies des Wodaabe qui viennent adoucir et colorer les premiers d’influences de l’Afrique subsaharienne. Pour ce deuxième album, consécutif à leur passage au Womad en 2007, la Mecque des musiques du monde et de la tournée qui s’en suivit, les thèmes évidents de la vie nomade, du rapport au monde, aux anciens et à la famille sont venus colorer une musique qui se situe aux confins du feu de bois et de l’électricité des amplis qui doivent porter loin dans le désert le son des instruments.

CHEMIRANI & CHATTERJEE
Battements au cœur de l’Orient
Accords Croisés
021.2 CHE
A l’origine de cette magnifique rencontre, Keyvan Chemirani, percussionniste d’origine iranienne, basé en France, qui nous habitue, depuis déjà pas mal de temps, aux croisements interculturels, dans le cadre d’une recherche sur la modalité orientale, africaine et sud-européenne. Une fois de plus, ces battements d’une grande beauté font résonner dans notre poitrine une espèce de jouissance que seule la perfection peut faire naître. De grands musiciens se renvoient notes et regards sur les tapis persans : Keyvan Chemirani, mais aussi Bijan et Maryam Chemirani (ses frère et sœur), Stelios Petrakis à la lyra crétoise, Swati Natekar au chant, Henri Tournier à la flûte. Cette rencontre d’hommes et de femmes de traditions musicales iraniennes, indiennes, grecques donne la part belle à l’improvisation. Mais il est avant tout question d’échanges qui ne font pas de compromis.

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